La révolution sexuelle est bien loin de notre époque. Combien de fois ai-je entendu cette phrase de la part d’une femme : « Il trouve que j’ai eu trop de partenaires sexuels ». Combien de fois un homme a dit, à propos d’une femme qui a eu plusieurs partenaires: « C’est une pute ».

Certains nuances leurs propos en utilisant la paraphrase « fille facile ». D’autres sont tellement décontenancés quand certaines femmes ne se cachent pas d’avoir une vie sexuelle, qu’ils enchaînent les qualificatifs « pute, fille facile, fille légère ».

J’en ai tellement marre que les hommes jugent les femmes sur leur sexualité et que les femmes se jugent entre elles, tout ça parce qu’on a décidé de délimiter ce qui est convenable ou pas. La première chose à faire c’est d’arrêter de dire « je me respecte » en parlant de sa sexualité. Quand on a eu de nombreux partenaires on ne se respecte pas ? Arrêtons de se traiter de pute entre nous dès qu’on ne s’aime pas. Arrêtons de juger les femmes sur la liste des partenaires qu’elles ont eu où même sur les rumeurs du nombre de partenaires qu’elles auraient eu. Arrêtons de désigner une ou plusieurs « filles faciles » dans les collèges ou lycées. Arrêtons le slutshaming comme si c’était normal de faire les comptes et de pointer du doigt celles qui aiment le sexe.

Arrêtons aussi de dire que « les mecs ne peuvent pas se contrôler », « c’est dans leurs hormones ils aiment le sexe », et tout un tas d’autres conneries. Les femmes aussi aiment le sexe, même si 35% des femmes hétéros n’ont pas d’orgasmes et 63% simulent (selon une étude Ifop). Les femmes aiment le bon sexe, celui qui n’est pas phallocentré et qui ne s’arrête pas dès que l’homme a jouit (mais du coup pas la femme_et si vous êtes un homme et pensez avoir fait jouir toutes vos partenaires il est possible qu’elles aient simulées, parfois il vaut mieux demander à celle avec qui vous couchez ce qu’elle aime plutôt que de faire comme si vous connaissiez son corps alors que ce n’est pas le cas).

Malgré ces jugements de valeur, l’éducation nationale ne faisant pas bien son boulot, les adolescents et particulièrement les garçons font leur éducation sexuelle via le porno. Et s’attendent à ce que les femmes avec qui ils couchent fassent la même chose que les actrices de ces films. Soient épilées de la même façon que ces actrices. Soient dominées de la même façon qu’elles. Le porno peut aussi montrer des violences plus graves et le consentement y est absent voire bafoué.

Donc les mecs veulent que l’on ressemble à des actrices porno, sans pour autant avoir couché avec personne. Ce qui en soit n’est pas d’une logique imparable.

Quand un mec a eu plusieurs conquêtes, c’est un Don Juan, ce qui n’est pas vrai pour nous. Tout cela vient de notre socialisation, dès le plus jeune âge, on parle de la première fois aux filles comme si c’était quelque chose de sacré. On dit aux filles comment elles doivent se projeter dans leurs sexualité et surtout pas de mention de la masturbation ni du clitoris ou du plaisir féminin. Non c’est juste « ne couche pas avec n’importe qui » et « la première fois fera mal ».

On ne parle pas du fait qu’on doit communiquer avec son partenaire, qu’on peut coucher avec qui on veut, quand on veut, si on veut, que le sexe ça peut être fun et cool. Bon, évidemment quand les cathos pensaient qu’une femme tombait enceinte à chaque fois qu’elle avait un orgasme, c’était pas la même. Quand on pensait pouvoir « soigner l’hystérie » grâce à la masturbation (merci pour la création des vibros d’ailleurs), là les femmes pouvaient profiter de leur jouissance.

Alors, dites-nous, qu’est-ce qui est acceptable ? Un partenaire, cinq, dix, vingt-cinq ? À partir de quand devient-on une pute ?

À non, j’ai la réponse : personne n’a le droit de juger notre sexualité. Être ouverte sur sa vie sexuelle est plutôt sain, vouloir se découvrir, découvrir son corps, ce que l’on aime, vouloir se faire de l’expérience ne devrait pas être une honte. Être vierge non plus. Ce qui compte c’est que le sujet ne soit pas tabou et que l’on fasse disparaître le double standard qui existe entre femmes et hommes quand il s’agit de la sexualité (en même temps que l’orgasme gap).

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